Artistes
Direction artistique
Madagascar compte parmi les pays reconnus pour leur biodiversité exceptionnelle. Ici comme partout ailleurs, l’arbre porte une symbolique touffue.
Dendrophile de Antson’ny tontolo miaina interroge : comment l’amour des arbres peut nous ancrer dans le soin de notre terre devenue si rouge sanglante et élever l’espoir d’un environnement plus vert pour réenchanter le futur ?
L’arbre est un sujet éternel qui accompagne la création littéraire et artistique, une constante dans la peinture notamment car il est aux côtés de tous les vivants.
De la racine, en passant par la sève, le tronc, les branches, les feuilles et parfois les fruits ; les symboles de l’arbre comme image de la vie et la manière d’exprimer la métaphore sont plurielles.
Dans nos propres contes, légendes et proverbes mais aussi notre quotidien, la forêt, les arbres incarnent le refuge du vivant, du sauvage, de l’inconnu, du sacré et peuvent autant susciter la peur que la fascination.
Participatives, surprenantes ou plus contemplatives, les œuvres des 10 artistes diversifient les approches arborescentes pour souligner l’importance de l’arbre dans l’écosystème ainsi que l’immensité de l’amour qu’on lui porte.
Ihoby RABARIJOHN
Art Curator
Madagascar compte parmi les pays reconnus pour leur biodiversité exceptionnelle. Ici comme partout ailleurs, l’arbre porte une symbolique touffue.
Dendrophile de Antson’ny tontolo miaina interroge : comment l’amour des arbres peut nous ancrer dans le soin de notre terre devenue si rouge sanglante et élever l’espoir d’un environnement plus vert pour réenchanter le futur ?
L’arbre est un sujet éternel qui accompagne la création littéraire et artistique, une constante dans la peinture notamment car il est aux côtés de tous les vivants.
De la racine, en passant par la sève, le tronc, les branches, les feuilles et parfois les fruits ; les symboles de l’arbre comme image de la vie et la manière d’exprimer la métaphore sont plurielles.
Dans nos propres contes, légendes et proverbes mais aussi notre quotidien, la forêt, les arbres incarnent le refuge du vivant, du sauvage, de l’inconnu, du sacré et peuvent autant susciter la peur que la fascination.
Participatives, surprenantes ou plus contemplatives, les œuvres des 10 artistes diversifient les approches arborescentes pour souligner l’importance de l’arbre dans l’écosystème ainsi que l’immensité de l’amour qu’on lui porte.
Ihoby Rabarijohn
Art Curator
Johary Ravaloson
Né à Antananarivo, ancien de St-Michel, Johary Ravaloson étudie le droit à l’université de Paris 2 – Assas puis soutient une thèse de Doctorat à La Réunion en 2002.
Pratique et enseigne, tout en écrivant romans et nouvelles, à La Réunion puis dans sa ville natale. Depuis 2016, vit en France et se consacre à l’écriture. Traduit également et édite. Les éditions Dodo vole fondées avec son épouse Sophie Bazin en 2006 mettent en valeur les arts et les littératures du sud-ouest de l’océan Indien, à travers des collections jeunesse bilingues – Dodo d’artistes, Dodo bonimenteur (contes), DOcDOc (documentaires) – et une collection de littérature adulte, dont la revue Lettres de Lémurie laquelle publie annuellement depuis 2018 vingt-quatre auteurs de la région, en français ou dans leurs langues avec une traduction française.
Dendrophile a inspiré à Johary ses premiers textes en prose qui jaillissent uniquement en malgache.
Kiady Ratovoson
Kiady Ratovoson a étudié le design environnemental (une discipline regroupant l’architecture, le design d’intérieur et le landscape design) à l’Université de Donghua à Shanghai. Ensuite, il s’est spécialisé dans le design d’intérieur en Italie à l’Université Politecnico di Milano.
À son retour à Madagascar fin 2023, le jeune designer a fondé KR Atelier, sa marque d’art mobilier, en créant des objets qui brouillent les frontières entre l’architecture, le mobilier et l’art. Il y fusionne son héritage malgache avec son identité internationale acquise à Shanghai et à Milan, donnant ainsi naissance à un mouvement esthétique où les formes, les matières locales et le savoir-faire artisanal sont essentiels à chaque
produit.
Parallèlement, il a ouvert son studio de design d’intérieur, KR Studio, dont l’objectif est de créer de riches expériences avec une identité forte et distinctive pour chaque projet, en adoptant une nouvelle approche de l’architecture intérieure sur mesure. Il combine un style narratif, texturé et ludique, tout en explorant la dualité entre le moderne et le traditionnel, ce qui constitue ainsi la base de chaque concept.
Pour lui, l’arbre est une mère : elle donne, protège, nourrit. Elle vit, vieillit, puis tombe. Sa chute ouvre un nouveau cycle, le début d’une autre vie.
Dendrophile tisse une continuité entre l’arbre vivant et l’arbre transformé, un espace où sa mémoire prend forme, se rend utile et se laisse toucher.
C’est une manière de continuer à écouter l’arbre, même après sa chute, à travers la matière, la forme, l’usage.
Mother Tree
Pour moi, l’arbre est une mère : elle donne, protège, nourrit. Elle vit, vieillit, puis tombe. Sa chute ouvre un nouveau cycle, le début d’une autre vie.
Mother Tree est une installation vivante qui explore cette transformation : du vivant à la chute, du tronc au banc, de la branche à la sculpture. Je travaille uniquement avec ce qui est déjà tombé, offrant au bois une seconde vie, une nouvelle forme, une nouvelle histoire.
Chaque pièce prolonge la vie de l’arbre, la transforme, la réinvente. Ainsi, le bois qui fut vivant poursuit son récit, offre un nouvel abri, une autre manière d’exister. C’est un dialogue continu entre la nature et l’humain.
Dendrophile tisse une continuité entre l’arbre vivant et l’arbre transformé, un espace où sa mémoire prend forme, se rend utile et se laisse toucher. C’est une manière de continuer à écouter l’arbre, même après sa chute, à travers la matière, la forme, l’usage
Iandry
Randriamandroso
L’artiste plasticien Iandry Randriamandroso vit et travaille à Las Vegas, Nevada, États-Unis.
Artiste communautaire, peintre et muraliste, designer graphique et éducateur, il enseigne également l’art à l’université de Nevada, Las Vegas. Son objectif est de créer un art inclusif et accessible à tous. Il se spécialise dans la création d’œuvres d’art visuelles et mixtes qui se concentrent sur des sujets
environnementaux et sociaux .
Dans Dendrophile, Iandry tient à souligner le message fort d’un des arbres emblématiques de
Madagascar.
Tree of Love, œuvre graphique
sur Alu Dibond
Le travail d’Iandry Randriamandroso s’inspire du « Baobab Amoureux » qui est un monument de la nature et un arbre emblématique de Madagascar, situé dans la région de Morondava. L’« Adansonia za » fait partie d’une des six espèces endémiques de baobabs de Madagascar. Il symbolise l’amour, l’unité et la résilience.
Dans son œuvre, il a souhaité souligner ce message par le mouvement de torsion des deux arbres enlacés et le dessin de cœur qu’il a fait avec les branches.
Selon la légende locale, les deux baobabs enlacés symbolisent l’amour éternel de deux jeunes amants que deux familles rivales ont interdit de s’aimer. Les deux jeunes gens se tournèrent vers leur Dieu et le prièrent de leur permettre de rester ensemble pour toujours. Touché par leur amour sincère et pur, le Dieu les transforma en ces deux baobabs enlacés que nous appelons aujourd’hui « Baobabs Amoureux ».
Iandry a voulu exprimer leur résilience et leur amour éternel de la manière la plus simple. En utilisant le même motif de baobab dans toute la série d’œuvres, avec des couleurs de fond différentes, il souhaite montrer que le temps et l’environnement peuvent changer autour d’eux, mais que lesdeux troncs resteront unis pour toujours, immuables.
Note de l’artiste : « J’adore cette légende, mais je n’ai trouvé aucune preuve écrite de son existence dans la littérature malgache. Si vous lisez ceci et connaissez la source, merci de me contacter à @iandryrex.
FanjaR
FanjaR est artiste plasticienne, designer et assurément dendrophile.
Son parcours académique en arts appliqués combiné avec sa passion pour les minéraux lui a révélé des possibilités infinies de techniques et de styles et depuis 20 ans elle approfondit sans cesse la recherche de son identité artistique, notamment dans le collage et le recyclage tout en continuant à explorer de nouvelles pistes de création où sa sensibilité à l’écologie se déploie.
Depuis la première édition de « Antson’ny tontolo miaina »en 2023, Fanja nous montre différentes facettes de son talent dans des œuvres qui suscitent à chaque fois un déferlement d’émotions.
Dans cette exposition Dendrophile, FanjaR explore sa relation avec les arbres en les personnifiant.
FanjaR, Le Niaouli, collage papier et peinture acrylique, 80×120 cm
FanjaR, L’inconnu, dessin crayons de couleur, 65x 50 cm
FanjaR, Arbre à coeur, 120×80 cm, techniques mixtes
Rado Ramilison
Artiste peintre et dendrophile
Autodidacte, il travaille la peinture acrylique pour exprimer le lien entre le visible et l’impalpable, en explorant la psychologie et les idéaux. Inspiré par les caractéristiques des arbres, il explore leurs relations avec la conscience humaine.
Son travail, à tendance symbolique, soulève des questionnements sur cette symbiose
Symbiose, par sa définition « étroite union », parle de vivre étroitement avec les arbres, prendre exemple sur ses caractères et se laisser influencer mentalement. Les arbres ont plusieurs caractéristiques symboliques mais trois points essentiels sont évoqués : la patience, la résistance et la résilience.
« Symbiose » évoque un symbole de la relation arbre- humain. Inspiré du croquis de Leonard De Vinci « L’homme de Vitruve » mettant l’homme au centre de tout, l’arbre ici est au centre de tout. Cette substitution a plusieurs interprétations possible, un retour à la nature, une évolution de la perception des arbres ou même la fin de l’anthropocentrisme. Le cercle représentant la conscience et le carré symbole de matérialité.
« Partition » Deux notes en accord, la symbiose unit les différences pour une mélodie harmonieuse.
« Patience »
L’une des grandes caractéristiques des arbres est la patience, un arbre prend des années à façonner ses cernes de croissance et renforcer son enracinement. S’armer de patience et laisser le temps faire son œuvre est un caractère humain nécessaire pour mieux gérer les situations difficiles, mieux réfléchir.
« Resistance »
Un atout essentiel que l’arbre dispose est sa capacité à résister. Contrairement à l’espèce animal, l’arbre est immobile. Il n’a donc pas le choix que de faire face aux situations problématiques pour survivre. Détenant cet adaptabilité, l’arbre est qualifié d’intelligent dans la neurobiologie végétale.
« Résilience »
L’arbre a une croissance à double sens, au niveau des branches et des feuilles mais aussi au niveau des racines. En s’élevant avec ses racines enfouies sous la terre, l’arbre symbolise la résilience et nous rappelle que nous aussi, nous avons besoin de repères et d’un point d’ancrage solide pour mieux atteindre nos objectifs.
Noely Ratsimiebo
Noely Ratsimiebo est une artiste pluridisciplinaire, née à Antananarivo. Sa pratique explore les relations entre matière et mémoire.
Formée à l’architecture, elle développe un langage artistique hybride, faits des matériaux dits « pauvres » terre, bambou, papier, fibres pour révéler une puissance expressive, symbolique et poétique à travers une pratique qui croise art, artisanat, écologie et narration.À partir de matériaux bruts, de contextes culturels, des gestes vernaculaires, elle active des formes d’écoute, de réparation et de reconfiguration.
Elle inscrit son travail dans une économie de moyens et dans une esthétique du soin tissant les liens entre le geste constructif et le geste sensible. Profondément ancrée dans les territoires, sa démarche, vise à interroger nos manières d’habiter, de sentir et de réparer le monde.
Les projets prennent la forme d’installations, de sculptures, de performances, ou d’interventions paysagères. Du dessin à l’ espace, Ils engagent une réflexion sur les écologies relationnelles, les héritages invisibles et les gestes modestes qui fabriquent un monde habitable, où le beau aurait sa place, en lien avec des communautés, des savoir- faire artisanaux.
Son dernier projet TADIO, un ikebana de bambou, sculpture-tempête, se veut au travers d’une réflexion sur le biomimétisme, une mise en forme dynamique du design à l’architecture. Elle y explore le temps comme matériau, l’instabilité comme forme, et le souffle comme mémoire.
Elle a également contribué à des projets d’urbanisme régénératif, de résidences collectives ou de curation contextuelle, en tissant toujours le fil de la réparation pour une cartographie sensible.
Noely Ratsimiebo, Zakaranda, installation (détail)
Noely Ratsimiebo
Zakaranda
Un tronc, relié à la terre par un enchevêtrement de racines noires, soutient une canopée, ou serait-ce l’inverse ? Inspirée du jacaranda et de sa floraison mauve. L’ombre protectrice des feuillages, laisse passer une lumière, filtrée à travers la canopée, une boule à facettes disperse des éclats mouvants, évoquant la sensation d’un sous-bois réinventé, à la fois réel et rêvé.
Cette canopée est circonscrite par un voile fluide et concentrique, invitant le visiteur dans un univers feutré et délimité.
L’œuvre invite à renouer avec l’arbre – dans sa protection, pour une expérience sensorielle : voir la lumière danser, sentir la douceur des matières, nous plongent dans d’instants passés à s’allonger sous un feuillage. Les matières naturelles, de fils et de cordages entremêlés de la canopée se veulent un écho à l’araignée-mère de Louise Bourgeois, tisseuse de refuge.
Elle résume la somme des gestes : tissage, broderie, cannage, etc. dans une superposition de couches, comme autant de calques venant complexifier le dessin, en métaphore d’une transmission vivante des savoirs : entre héritages et souvenirs, entre accidents et créations. Les efforts conjugués donnent naissance à une œuvre où la main artisanale élève un regard universel : celui de la tension entre artifice et authenticité : plus on cherche à reproduire le vivant, plus on mesure sa perte.
Entre nature reconstruite et nature perdue, le sentiment subsiste.
Les paroles de Fake Plastic Trees de Radiohead, diffusées par un casque, accompagnent cette immersion.
Sham.archi
Shama Boudhabhay est architecte HMONP et fondatrice de sham.archi. Son approche repose sur une exploration constante de la créativité. Chaque projet est pensé comme une expérience sensorielle, une mise en scène de la lumière, des volumes et des couleurs, créant des espaces qui surprennent et invitent à la rêverie. Son architecture célèbre le plaisir d’habiter, où chaque lieu devient une découverte, un jeu entre matière et perception, entre mouvement et poésie.
Parallèlement à son travail architectural, Shama développe des collections de design inspirées des formes vernaculaires malgaches, qu’elle revisite avec une touche contemporaine. Elle explore des matériaux naturels comme le raphia et le sisal pour concevoir des tapis, des luminaires et des objets du quotidien, en collaboration avec des artisans locaux dont elle souhaite mettre en lumière le travail. Elle crée également des bijoux, envisagés comme des œuvres d’art à porter, de micro architecture qui s’adapte au mouvement du corps et viennent sublimer le sublimer. Son travail allie savoir-faire traditionnel et contemporanéité, donnant naissance à des pièces à l’éthique audacieuse tout en gardant un fort ancrage local.
Installée à Tamatave, elle s’investit activement dans le paysage artistique et culturel malgache. À travers tous ses projets, bâtis ou écrits, Shama tisse des liens entre l’art, l’espace et l’humain, en insufflant toujours une touche de rêverie et de poésie. Son inspiration principale demeure l’humain : chaque rencontre nourrit sa démarche, et elle multiplie les collaborations avec des artistes et artisans, dont le savoir-faire enrichit chacune de ses créations.
Dendrophile permet à Sham’Archi de relier ses appartenances multiples en déployant les différents symboles de l’arbre.
sham.archi, Sève des mots, installation
(Faka Rugs)
Jessica Solomon a été formée à l’École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne (aujourd’hui rattachée à l’Institut Français de la Mode), a suivi un cursus en design et conception de mode, avec un enseignement approfondi du modélisme, du stylisme créatif et des savoir-faire techniques de la haute couture.
À Paris, auprès de la maison Yiqing Yin, reconnue pour ses robes-armures et ses plis organiques, elle a découvert une approche plus artistique du vêtement. À travers des pièces sculpturales enrichies de broderie, de tissage et d’expérimentations textiles, elle a compris que la création pouvait aussi être celle de la matière elle- même. Cette vision contrastait avec l’enseignement plus classique et conceptuel de la Chambre Syndicale et a constitué un véritable pont vers son expérience suivante chez Akanjo à Madagascar où elle s’était rapprochée des savoir- faire en travaillant main dans la main avec des artisanes textiles malgaches. Ensemble, elles ont inventé un langage créatif commun, capable de conjuguer l’exigence des clients avec une approche plus instantanée et intuitive de la création.Cette expérience lui ouvre une vision plus étendue, pour elle : « ce n’est pas tant le support qui compte que la manière dont l’idée prend forme, pourquoi elle prend forme, et ce qu’elle va changer dans le monde, à son échelle. »
En 2021, elle a fondé Seconde Main, une marque de vêtements pensée autour de la réinvention et transformation de l’existant avec la richesses des mains malgaches. Sa démarche se situe à la croisée du Design Contemporain et du Nouvel Artisanat : il ne s’agit pas de reproduire les gestes traditionnels à l’identique, mais de les mettre au service de la transformation, du détournement et de l’inattendu.
Jessica pense qu’il n’existe pas de hiérarchie entre le geste et l’idée : la main n’exécute pas seulement, elle réfléchit, elle propose, elle oriente et guide.
C’est de cette logique qu’est née, presque par hasard, le projet Faka Rugs qui a commencé avec le tissage des chutes de lisières de fils.
Jessica est convaincue qu’il n’existe pas de frontière claire entre l’artisanat et l’art, car les savoir-faire ont beaucoup à dire et à transmettre.
Dendrophile lui permet de tisser le silence des arbres dans la matière.
Jessica Solomon (Faka Rugs), Au Coeur du Ravinala (diptyque), tenture tissée main avec déchets de tissus.
Dans l’intimité du Ravinala, l’eau circule comme un souvenir.
La matière se souvient, la fibre devient souffle, gardiennes d’un monde ancien.
Cette œuvre invite à plonger dans la chair végétale, là où la lumière murmure au secret du vivant.
Ao anatin’ny tsiambaratelon’ny Ravinala, ny rano dia mikoriana tahaka ny fahatsiarovana.
Mahatsiaro ny akora, lasa fofonaina ny kofehy, mpiambina tontolo tranainy ireo.
Manasa antsika handala ny nofon’ny zavamaniry ity asa ity, any amin’ny toerana ibitsihan’ny hazavana ny tsiambaratelon’ny tontolo miaina.
Miangaly Elia
Miangaly Elia, artiste plasticienne autodidacte, explore à travers ses œuvres les nuances de la condition humaine. Guidée par une volonté de remettre en question les normes établies, elle puise son inspiration dans ses souvenirs d’enfance, ses rêves, ses émotions et son environnement immédiat.
À travers ses dioramas, médium de prédilection, elle reconstruit des univers intimes où les souvenirs d’enfance, les rêves et les aspirations se mêlent. Ses maquettes, devenues son laboratoire créatif, sont autant de tentatives de donner vie à un monde idéal, loin des contraintes et des attentes extérieures.
Formée à l’origine en architecture, Miangaly Elia s’attache particulièrement à représenter des espaces familiers, tels que des bâtiments, des maisons ou encore des paysages urbains. En s’appuyant sur des références architecturales, des récits historiques, ou sur sa mémoire poétique, elle se propose de matérialiser des scènes de vie miniatures, parfois à caractère onirique, qu’elle souhaite partager et intégrer dans notre réalité.
Avec un regard artistique qui tend vers la sensibilité, elle cherche à sublimer les éléments souvent considérés comme insignifiants ou dépourvus d’intérêt. Voulant donner une seconde vie à ces fragments de réalité, elle invite le spectateur à questionner sa propre perception du monde et à cultiver un regard plus bienveillant envers soi-même et envers les autres.Pour l’exposition Dendrophile, Miangaly Elia explore la mémoire contenue dans la matière du bois.
Miangaly Elia, Fihin-daza, diorama et acrylique sur toile
Miangaly Elia, Hazomena, diorama Installation
Son travail nous confronte à la mémoire brute du Hazomena (bois de rose). Cet arbre déraciné ne puise plus sa sève dans le sol, mais dans le récit tragique du palais de Manjakamiadana. Pour ériger ce monument, des milliers d’hommes ont transporté ces bois sacrés depuis les forêts de Mananjary, au prix de leur vie. Ici, les racines écarlates ne sont plus végétales : elles incarnent le souffle et le sacrifice des disparus.
En réponse à la tragédie, Fihin-daza (L’étreinte de l’aristocratie) propose une vision de réconciliation. Le bois précieux, autrefois symbole d’une élite et d’une gloire acquise au prix fort, change ici de rôle : il vient enlacer avec tendresse une demeure humble et modeste. Le rouge vibrant du Hazomena ne symbolise plus le sang versé, mais une sève protectrice et vitale. C’est le portrait d’une nature souveraine et bienveillante qui ignore les classes sociales, offrant sa noblesse comme un rempart pour le plus petit. Une ode à la résilience et à la dignité du quotidien.
Joan Razafimaharo
Joan Razafimaharo est architecte titulaire d’une Maîtrise en Architecture de l’Université de Montréal, membre du Royal Architectural Institute of Canada et de l’Ordre des Architectes Malagasy. Elle construit, à travers Madagascar et l’Océan Indien des équipements sociaux et projets bioclimatiques.l’efficacité énergétique et la résilience urbaine. Engagée dans la préservation du patrimoine et les mouvements féministes panafricains, elle contribue à une meilleure compréhension de la mémoire architecturale malgache comme archive vivante de résilience, d’adaptation et d’identité en partageant ses recherches sur Purple Corner ainsi que l’Architecture d’Aujourd’hui, ArchDaily et Bauwelt .
Ses réflexions sur l’architecture, les territoires et la vulnérabilité écologique ont été publiées dans Bauwelt, L’Architecture d’Aujourd’hui et ArchDaily, et son travail créatif a été présenté dans le projet Colours of Africa de Google Arts & Culture x Design Indaba.
Pour Dendrophile, elle veut réunir deux dimensions du thème Arbres à Palabres : la force symbolique de l’arbre comme lieu de paroles et la responsabilité que nous avons envers celles et ceux qui protègent réellement nos forêts. Un travail au croisement de l’architecture, de l’écologie et du témoignage social.
Arbres à Palabres
Henri Rakotoarisoa
Henri Rakotoarisoa était un gardien communautaire de la forêt âgé de 70 ans, originaire de Beparasy, dans la région Alaotra-Mangoro. Président de l’association locale VOI Mialo — « protéger la forêt pour la génération future » — il avait consacré des années de sa vie à défendre un fragment de forêt primaire menacé par les bûcherons illégaux et les trafiquants de charbon. Sans aucune compensation financière, et malgré les intimidations répétées d’individus liés à de puissants réseaux de trafic, il menait des campagnes de sensibilisation, signalait les coupes illicites aux autorités, et travaillait sans relâche pour obtenir une gestion légale et communautaire de la parcelle.Le 2 juin 2022, à Beparasy, cet engagement lui a coûté la vie. Il a été attaqué et tué près de la forêt même qu’il tentait de protéger — un rappel brutal des dangers auxquels font face les défenseurs de l’environnement à Madagascar.Son courage, son intégrité et son dévouement ont fait de lui une figure respectée et exemplaire, dont l’héritage continue d’inspirer celles et ceux qui choisissent de se tenir du côté du vivant, malgré les risques immenses.
Les Gardiens
Sarobidy Rakotonarivo
Tahina Roland Frédéric
Florian Fraix-Baruz
Chanelle Adams.
Ihoby Rabarijohn
Initiatrice du projet Antson’ny tontolo miaina, curatrice d’art et Art Advisor, a fait partie de l’équipe noyau qui a organisé et promu la première Pavillon de Madagascar à la Biennale de Venise en 2019.
Elle fut la coordinatrice de l’exposition du photographe Malgache le plus renommé dans l’île, Pierrot Men, au festival PhotoSaintGermain en 2019 (23e édition Paris Photo).
Elle a aussi participé à des projets artistiques pour la promotion d’artistes et designers Malgaches : Diary Nofy / membre du comité de sélection pour l’appel à projets “Demain sera Mien 2020” / curatrice de l’ exposition “Instantanés de Résilience” de Fifaliana Nantenaina et Ines Ramerison en 2020 / coordinatrice de la première édition de Tana Design Week (2022) / curatrice de l’installation « La Voix, le Loin » de Raharimanana au Musée de la photographie de Madagascar en 2023.
Curatrice des expositions à Flow Gallery : «Toy ny Ranomasina» de Richianny Ratovo en 2022 / « Essence de l’âme » de Dadee Andrianaivoson en 2023 / « Flow with Emotions » de FanjaR et « Our Birds » de Iandry Randriamandroso en 2024 / « Objects with Soul » de Kiady Ratovoson en 2025.
Elle a lancé la Design Fair “ Madagascar Design Gaze” https://malagasy-design-gaze.com en juin 2025.
Ihoby Rabarijohn a été par ailleurs membre du jury du prix d’art contemporain malgache organisé par la Fondation H : Paritana 2025.
Elle a pris part à l’organisation de différents projets culturels internationaux (Art Exception d’Afrique : Africa 2020, Artcurial, Paris / La Voix, le Loin, Raharimanana,
Musée de Bibracte, Centre International d’Art et du Paysage de l île de Vassivière…).
Initiatrice du projet Antson’ny tontolo miaina, commissaire d’exposition et Art Advisor, elle a fait partie de l’équipe noyau qui a organisé et promu la première Pavillon de Madagascar à la Biennale de Venise en 2019.
Elle fut la coordinatrice de l’exposition du photographe Malgache le plus renommé dans l’île, Pierrot Men, au festival PhotoSaintGermain en 2019 (23e édition Paris Photo).
Elle a aussi participé à des projets artistiques pour la promotion d’artistes et designers Malgaches (Diary Nofy / membre du comité de sélection pour l’appel à projets « Demain sera Mien 2020 » / curatrice de l’ exposition « Instantanés de Résilience » de Fifaliana Nantenaina et Ines Ramerison en 2020 / coordinatrice de la première édition de Tana Design Week (2022) / curatrice des expositions à Flow Gallery : « Toy ny Ranomasina » de Richianny Ratovo en 2022 / « Essence de l’âme » de Dadee Andrianaivoson en 2023, « Flow with Emotions » de FANJAR en mai 2024, « Our Birds, Ny Vorontsika » de Iandry Randriamandroso en septembre 2024 / curatrice de l’installation « La Voix, le Loin » de Raharimanana au Musée de la photographie de Madagascar en 2023.
Elle a pris part à l’organisation de différents projets culturels internationaux (Art Exception d’Afrique : Africa 2020, Artcurial, Paris / La Voix, le Loin, Raharimanana, Musée de Bibracte, Centre International d’Art et du Paysage de l’île de Vassivière…).
LinkedIn : http://linkedin.com/in/irabarijohn
Andri Marcel
Né en 1995 à Antananarivo, Madagascar, est un artiste engagé dont le parcours créatif est profondément ancré dans la sensibilisation à l’environnement.
Autodidacte en mosaïque, il se distingue par ses œuvres explorant les visages humains et leurs émotions.
Depuis 2021, il a participé à de nombreuses expositions collectives, utilisant l’art comme un outil de réflexion sociale. Ses œuvres ont été présentées dans divers lieux et événements dans la capitale tels que la Galerie VELLUTINI, où il a participé à l’Exposition “Ephémère”, ainsi qu’au Salon des Déchets au NOVOTEL & Convention. Il a également collaboré à des expositions telles que « Omeo Aina Vao » en 2022 et « Ny Vehivavy » en 2021 à La Teinturerie. Sa formation a été enrichie par le Programme Ainga de la Fondation H en 2022, où il a acquis des compétences essentielles pour structurer sa carrière artistique. En 2023, il a été récompensé par le Prix de la meilleure idée et du meilleur concept pour son projet éducatif environnemental innovant, visant à créer des œuvres d’art à partir de déchets afin de mettre en valeur les espèces endémiques de Madagascar. Ce prix a été décerné par l’AJPER. Il a également participé au Festival d’Art Urbain, un événement annuel dédié à l’art par La Teinturerie Association des Artistes. Il a joué un rôle de mentor en tant que coach artistique pour les enfants dans l’émission DEMOKR’ANKIZY.
Par ailleurs, en 2020, il a mené une initiative de collecte de déchets pour fabriquer des sacs écologiques à partir de matériaux recyclés.
Le travail de Andri Marcel témoigne de l’interconnexion entre l’art, l’environnement et les récits personnels, éveillant les consciences sur les défis environnementaux tout en explorant les vastes possibilités créatives offertes par les déchets.
L’oiseau COUA, 2024
Collage sur toile, lamba soga de Madagascar, tong, sandales, scoubidou.
« L’oiseau COUA » explore la relation entre l’homme et la nature à travers une technique de collage artistique en mosaïque. Des sandales et tongs récupérées, symbolisant le parcours de chaque individu sur cette terre. Ces objets du quotidien deviennent des témoins de l’âme humaine, portant en eux les traces de nos pas et les poussières de notre environnement, de sa terre natale.
« L’oiseau COUA » est une célébration de la vie, de la nature et de l’environnement, un hommage à la beauté qui nous entoure.
technique mixte, collage sur toile, récupération déchet kapa, peinture à l’huile.
67*87 cm
Empreintes de pieds d’enfant rouges comme la couleur pour alerter mais aussi celle de la passion et de l’espoir ?
Neuf oiseaux qui suivent ses pas, neuf, le nombre des espèces de Coua qui n’ont pas encore disparu.
Le Coua, un des oiseaux endémiques de Madagascar, porte ici le souhait de connecter les générations futures, au vivant. Tous ensemble.
Partenaires
Partenaires entreprises
Orinasa manohana
Amis d’Interpeller le vivant
Namana mpiara-dia amin’ny Antson’ny tontolo miaina
Communication
Serasera
Partenaires médias
Haino aman-jery manohana
Communiqué
de presse
Depuis sa première édition, l’exposition Antson’ny tontolo miaina (Interpeller le vivant), initiée et proposée par la curatrice indépendante Ihoby Rabarijohn, associe artistes, designers, créateurs et penseurs pour construire un espace commun qui reconnecte avec la nature par l’émerveillement.
Après avoir interrogé la place du vivant (2023) puis célébré les oiseaux de
Madagascar avec Ravorona (2024), cette troisième édition poursuit la réflexion autour de l’amour des arbres (Dendrophile) lors du rendez-vous artistique annuel dans la zone Zital, Ankorondrano du 17 janvier au 06 février 2026.
Le thème Dendrophile, met en lumière les arbres en tant que sources d’émotions. En s’appuyant sur la richesse de la biodiversité malgache, l’exposition explore comment l’arbre peut devenir à la fois symbole et acteur de notre rapport au vivant.
Dendrophile de Antson’ny tontolo miaina interroge : comment l’amour des arbres peut nous ancrer dans le soin de notre terre devenue si rouge sanglante et élever l’espoir d’un environnement plus vert pour réenchanter le futur ?
De la racine, en passant par la sève, le tronc, les branches, les feuilles et parfois les fruits ; la symbolique de l’arbre comme image de la vie et la manière d’exprimer la métaphore sont plurielles, à Madagascar comme partout ailleurs.
Dans nos propres contes, légendes et proverbes mais aussi notre quotidien, la forêt, les arbres incarnent le refuge du vivant, du sauvage , de l’inconnu, du sacré et peuvent autant susciter la peur que la fascination.
Participatives, surprenantes ou plus contemplatives, les œuvres des 10 artistes diversifient les approches arborescentes pour souligner l’importance de l’arbre dans l’écosystème ainsi que l’immensité de l’amour qu’on lui porte.
Informations pratiques
Programme


